26.08.2020

L’asthme équin, facteur de contre-performances

Les causes de contre-performances dans les activités de courses, sport et même loisir actif sont nombreuses : problèmes locomoteurs, ulcères gastriques, pathologies diverses... L'une des grandes causes de ces baisses de performances est l'asthme équin.

Qu’est-ce que la contre-performance chez le cheval sportif ? 

Le cheval se distingue dans le règne animal comme un athlète de haut niveau aux capacités sportives exceptionnelles. La performance sportive est bien-sûr en relation avec la discipline pratiquée. On peut définir la contre-performance comme une incapacité à reproduire des performances sportives au niveau attendu, déjà réalisées, à l’entraînement ou en compétition. Ce sera, par exemple, le cheval qui ne finit pas ses courses, le cheval de CSO qui, moins en forme, ne se retrouve plus au classement…

 Pourquoi l’asthme est responsable de contre-performance chez le cheval ?

Le cheval a une capacité pulmonaire très importante, avec une surface totale de poumon en contact avec l’air estimée à plus de 2500m², soit une piscine olympique par poumon ! Au repos, la fréquence respiratoire normale du cheval est de 8 à 16 mouvements par minute, à raison de 5 litres d’air par inspiration. Lors de l’effort le débit atteint 1500 litres par minute. Ces chiffres sont en rapport avec la taille de l’animal et avec l’effort qu’il doit être capable de produire. En conséquence, l’intégrité de l’appareil respiratoire et son fonctionnement optimal sont donc nécessaires à la performance sportive. 

Or, la principale cause de contre-performance respiratoire chez le cheval de sport est l’asthme équin : en effet, dans cette maladie, l’inflammation des voies respiratoires profondes, le bronchospasme et l’accumulation du mucus diminuent mécaniquement la quantité d’air qui arrive jusqu’aux alvéoles.

L’asthme, dit asthme léger concernant les chevaux sportifs, limite ainsi les capacités respiratoires du cheval et contribue donc à la contre-performance du cheval.

 Comment diagnostiquer une contre-performance d’origine respiratoire profonde, comme l’asthme ?

Bien qu’elles soient un motif courant de consultation, les affections respiratoires sont encore sous-estimées chez les chevaux de sport contre-performants. En effet, la contre-performance est très difficile à établir sur le terrain, d’autant que d’autres facteurs comme les boiteries peuvent également intervenir. 

 De plus, les symptômes peuvent être très frustes : toux, présence de sécrétions dans la trachée, léger jetage, essoufflement ou seulement une récupération post-effort prolongée, et contre-performance. Les premiers signes sont souvent discrets et peu considérés par les propriétaires.

Un examen clinique simple ne permet pas toujours d’établir un diagnostic d’affection respiratoire profonde chez un cheval contre-performant. 

Des examens complémentaires sont alors utiles au repos, comme l’endoscopie, les prélèvements de liquides issus des voies respiratoires ou des tests de fonction respiratoires ou à l’exercice comme l’analyse des gaz sanguins artériels.

 Comment gérer cet asthme léger responsable de contre-performance sportive ?

La gestion des maladies respiratoires ne se limite pas au traitement médical et les mesures hygiéniques sont fondamentales : l’amélioration de l’environnement direct du cheval est la clé d’une rémission à long terme.

De nombreux agents potentiellement pro-inflammatoires sont présents dans la poussière des boxes et des écuries : grande variété de moisissures, acariens de fourrage, plantes, débris et poussières inorganiques, gaz toxiques tels que l’ammoniac ou le disulfure d’hydrogène.

Il convient d’utiliser des litières et des aliments générant moins de poussières et d’améliorer l’élimination des particules et des gaz toxiques par une meilleure ventilation.

Si la qualité de l’air dans une écurie n’est pas bonne pour les chevaux, elle est également nocive pour les palefreniers et les personnes qui y travaillent !

Il faudra donc éviter les pratiques à risque comme balayer devant les chevaux en boxes, les faire travailler sur des carrières poussiéreuses, stocker le foin au-dessus de leur tête, mettre le foin dans des filets à foin mais plutôt le mettre au sol, et être particulièrement vigilant à la qualité du foin. Il est parfois nécessaire de le cuire ou de trouver des solutions alternatives. 

Enfin, le traitement médical à base de corticoïdes est souvent nécessaire pour soigner l’inflammation pulmonaire et sera administré de préférence par voie inhalée.

 

Pour plus d’informations sur le sujet, visionnez :

  • La Minute Santé « La contre-performance liée à l’asthme »

  • La Minute Santé « La toux »

 

Crédits : D. Gautier - Shutterstock - Boehringer Ingelheim Santé Animale

 

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